mardi 21 juin 2011

La Pieuvre

Je suis tombée en amour hier, petit anglicisme pour dire, que mon coeur a roulé sur le plancher et c'est une tentacule qui l'a attrapé.

jeudi 2 juin 2011

Lettre à mon Afrique

Je suis kamikaze pour toi mon Afrique. Je me fais mal pour toi mon Afrique. Dans ma tête, sur mon corps, dans mon coeur. Pour toi. Je me suis fait sautée la cervelle, c'est sur vidéo. Slow motion, tu vois les bouts de mon cerveau valser dans les airs et atterrir doucement sur terre. Sur notre terre noire.

Notre sol noir. Je pleure souvent à cause de toi mon Afrique. C'est pas de ta faute. C'est moi qui t'aime trop, mon Afrique. Quand je parcours tes déserts de sable rouge pieds nus, je te cherche du regard, je cherche tes prunelles noires, mon Afrique. Je sais que j'ai fendu ton sol, craquer tes murs, mouillée ton sable. Je sais mon Afrique, que tu te caches et rempli le Nil, le soir. Je sais. Je le remplis aussi.

samedi 28 mai 2011

Hate me

Un autre texte devenu une chanson
Interprété par Cynthia Naggar et son band

Ferme la porte derrière toi

Un petit texte devenu une chanson
Interprétée par Cynthia Naggar et son Band

mercredi 25 mai 2011

Verre sang

Je mâche du verre. Une coupe de vin. Dans ma bouche ça shine quand le soleil pose ses rayons sur ma langue. Oui, y'a un peu de sang, mais c'est pas grave. La texture est l'fun. Ça me change des pressions sur le thorax, du coeur en morceaux ou des poumons dans l'eau.

Anatomie


Parcours le ciel
Fuit...cache-toi dans ma prunelle
C'est simple de faire des étincelles
Au couleur de miel
Je me terre dans ton oeil
M'habrille avec tes cils
M'endors en écoutant le rythme
De tes battements d'ailes
Sur ma joue
Un voile éternel
Une peau sucrée
Coule dans mes veines
Le temps me pousse dans tes bras
Berce-moi avant que je n'éclate en éclat

Les amours de party

Début de soirée
Tranquillos..pas de stress rien ne presse
Le Prince Russian coule dans mon verre
Direct dans mes veines, dans mes artères

J'ai chaud, c'est rouge, c'est beau
Moment de panique ! Voilà je bois de l'eau...
Mouais j'aime bien me donner bonne conscience
Même si je sais que je flirt déjà avec l'inconscience

Milieu de soirée
ish ouin déjà finie de la vie
On se dit alors too bad
J'embrasse le Prince pis j'souris

Je danse, j'oublie, je pleure,je vis
C'est bizarre, des fois je me dis
Ça pas de sens je devrais arrêter
Mais le Prince Russian finit toujours par me trouver


Fin de soirée
Dans mon lit, sur un sofa ou avec toi
Je dors mal, je bouge, je capote
Flash back non-stop

Pourquoi tout ça...sais pas, mais dis moi...
On recommence demain ?

Dans du bleu, dans du rouge

Dans du bleu, dans du rouge
Moi nue, nos esprits en cavale
Dans du bleu, dans du rouge
J'ai pleuré la fin, dans un aval
Dans du bleu, dans du rouge
Je me suis dit de revenir
Dans du bleu,dans du rouge
Faire un tour, de revenir
Dans du bleu, dans du rouge
J'ai voulu tout retenir
Dans du bleu, dans du rouge
Toi, au creux de mes reins
Dans du bleu,dans du rouge
Je voulais que tu restes, qu'on regarde le ciel
Dans du bleu, dans du rouge
J'ai vu mon coeur
Dans du bleu, dans du rouge
J'ai pas suivi, j'ai pas saisi
Dans du bleu,dans du rouge
C'tait fini, ma poupée est morte
Dans du bleu,dans du rouge
La balançoire danse toujours
Dans du bleu, dans du rouge
J'ai pas tout compris
Dans du bleu, dans du rouge
À St-Jean, une partie de moi est restée

Phase colorée

On est or
Nos corps
On est bleu
Tes yeux
On est rouge
J'ai mal
On est noir
On a peur, on veut croire
On est blanc
On oublie

Musicalité d'eau

Époque fluo
Je t'aime encore
Cachée dans mon bâteau
L'oeil par un bandeau

Époque disco
Je t'aime encore
Plus fort
Que le claquement de mes rames sur les eaux

Époque golden
Je t'aime encore
Recouverte de trésors
De paillettes d'éden

Époque hypster
Je t'aime encore
Dans le mile end
Ma proue se brise en plein easter

Époque méli-mélo
Je t'aime encore
C'est mon côté hardcore
Mon côté maso, cachée dans mon bâteau

Pellicule

Je me suis couchée sur ta pellicule
J'ai éclaté ta bulle
C'est pas ma faute, tu passais ton temps à m'ignorer
J'ai pas pu faire autrement, que de te laisser aller

Tu as fait développer tes négatifs
J'aurai voulu être un positif
Un mariage entre les couleurs
La nuance du noir, de la peur

Je me suis couchée sur un lit de cheveux blancs
Je m'en nourris depuis quelque temps
Depuis ton départ, depuis que l'objectif
Est tombé du haut du récif

J'ai perdu la notion des cadrages
Je sais pas ou me placer
La tête dans les nuages
L'âme sur le côté

Tu as placé les photographies dans ton sac
J'en arrache
Tu l'as lancé au loin
Juste pour me perdre sur le chemin

Comme avant

Parle-moi comme avant
Couchés dans un lit plein de sentiments
Parle-moi comme avant
Comme dans le temps, quand on était bien

Touche-moi comme avant
Avec le dos de ta main
Touche-moi comme avant
Durant le petit matin

Embrasse-moi comme avant
Avec ta langue, avec ton coeur d'enfant
Embrasse-moi comme avant
Un baiser sur mes joues pendant un moment

Aime-moi comme avant
Comme au temps des premières fois
Aime-moi comme avant

Et jouer toute seule


Lella Rhaya joue toute seule
Dans le carré de sable bleu
Dans son lit blanc aux larmes rouges

Lella Rhaya joue toute seule
Dans la ruelle, rien ne bouge

Lella Rhaya joue toute seule
Avec son ombre grise sur les murs
Elle fait de la peinture

Lella Rhaya joue toute seule
Parce que c'est l'été
Et que son coeur s'en est allé

Tout en oire et en ère

Je rêve de tes lunettes à montures noires
Idées pas claires
Longues histoires
Lave tes verres
Si tu veux croire
Ton chandail vert
Traîne sur le comptoir
Il me fait la guerre
Symbole de mon désespoir
Pathétique réflexion irréelle
De mon échec, de mes déboires
Le coeur à l'envers

Je rêve à ta veste noire
Des questions, des réponses de travers
Par manque d'amour et d'espoir
Je lorgne les murs crevés, shootés, brisés,vers
Ce qui me reste à voir
Craquelée, fragmentée, pigmentée ma chair
Est peinturée de tes pensées si bonnes à boire
Un jet d'aérosol pollue la terre
96 raisons de m'émouvoir
Une seule pour angoisser et me taire
Remise en perspective tard le soir
Revenir en arrière
Sans vraiment le pouvoir
Tout reste derrière
Mes yeux bleus devant le miroir
L'âme cachée par ma crinière

Je rêve dans le couloir
À vos amours et j'écoute Jérôme Minière,
Notre terroir,
Ponctué, les photos happées par les airs
Claquer la porte ailée du réfectoire
Mon sanctuaire

Poursuite

Cesse de courir
De chercher
Comme si tu pouvais retrouver
Ton reflet oublié sur le plancher de nos souvenirs

Endors-toi dans la neige froide
De toute façon mes yeux sont mouillés
Rien ne sert de rester
J'ai déjà trop perdu sur le chemin, je crois

Tu regardes l'heure
Je disparaît sous les couvertures
Je voulais plus y penser, c'était trop dur
Je voulais t'aimer, aimer les couleurs...

Tu es parti dans ma tête
Cesse de courir
La paroie est fragile
J'ai trop fait la fête...

Ferme la porte
Comme la première fois
Quand on dormait sur la neige, quand j'étais forte
Les joues rouges, les veines alcoolisées par le froid

Ton reflet oublié vit dans mon écran
J'enregistre le tout au cas où
Tu effacerais le temps,
La mémoire, sur le plancher acajou

J'arrête de chercher
Tu n'as rien laissé
Ni dans mon coeur, ni dans le tien
Rien

Sous la pluie je m'endors
La neige fond et coule sur mes plaies, avant de partir
Je fais un collage, couleur or
Pour oublier, et mieux revenir

Grandir dans les couvertes

Je me terre dans le silence
De la musique de nos lendemains
Quand je comprends plus rien
Pis que je frôle l'absence

Je me cache dans tes yeux
Prendre la place, juste pour être bien
Juste au creux
Tout au chaud, tu es mien

Je dors dans ton cou
Mes paroles coulent dans tes veines
C'est beau, c'est doux
On a de la veine

Je t'écoute respirer
Mon coeur roule sur le plancher
Je te regarde pleurer
L'enfant s'est envolé

Faut pas avoir peur
On grandit, les doigts entremêlés
On caresse le bonheur
Inquiète toi pas...on va pas tomber...

cocon

Je vais mourrir étouffée
Dans un cocon de soie
Compressée, sous le poids
Du temps brisé

La porte


Le corps dédoublé
Les sensations délabrées
Je respire devant la porte oubliée
Celle que je n'aie pas refermée
Lorsque je t'ai dit de t'en aller

Mon espace temps


Je regarde le temps se briser
Contre le mur d'une attente oubliée
Pleurant sur les derniers moments
Un air du mois d'août vibrant

Sur mes doigts couleront
Une sagesse d'hiver
De neige et de flocons
Des mèches de cheveux éphémères

Parsèmeront, les nuits sans soleil
Les journées aux étoiles vermeilles
Couchée dans mon bâteau bleu
Je saigne 

Serment


Je me garoche à droite pis à gauche
Je marche drette...
Bah tsé, j'veux pas avoir frette
Je veux pas que les autres se posent trop de questions
Je veux pas attirer l'attention

Lève la tête, sois fière. T'es au Québec.

Ouin... j't'au Québec pis j'ai frette.
J'fite pas
Jongle entre le chaud pis le froid
Je joue dans la neige, je rêve à l'été.
J'lis des livres religieux, j'me perds au fil des pages déchirées
Ouin, ça me rend heureuse pendant un temps.
J'efface mon nom, j'goûte au sang
À ce qui paraît le mien est chaud
P't ben...si l'hiver y a pas touché
On me dit souvent...

Tu viens d'un beau pays

Tu sais de l'autre côté...vous avez tous la peau basanée

Ouin, pis ? Je me demanderai toujours ce que ça change
Ce que ça m'apporte
Pas grand chose...
C'est pas mal n'importe quoi, en fait
J'fais fondre la neige...
J'marche sur la glace en sandale
J'ai les cheveux noirs, les yeux bruns.
Je ressemble à pas mal de chose...mais pas à ce que je voudrais

Oublie pas tes racines

Ouin, l'arbre y'a jamais vraiment poussé
Y'est pogné dans la terre, j'ai jamais su vraiment l'cultiver.
En fait, j'ai jamais compris de quoi y'avait besoin


Thé à la menthe, de la boréale dorée, une poutine...
Ouais de la sauce barbecue y a rien de mieux, pour les racines

T'es chanceuse, t'es libre

Ouais, libre de me perdre...dans le désert ou à St-Jean
Tsé c'est pas ben ben différent quand tu y penses
C'est juste des continents, des bouts terres qui flottent sur l'eau
Bâtard...y'm'semble que c'est pas compliqué...

T'es née où ?

Dans un hôpital...
Bah ouais à Montréal
Qu'est-ce que ça change ?

Tu y va souvent dans ton pays ?

J'avais les cheveux longs, un sourire d'enfant...
Je touchais le soleil, une fois par deux ans

Je comprenais pas trop pourquoi, je me retrouvais là...
Au milieu de gens que je connaissais pas
Les ''R'' dansaient dans leur gorge, quand ils parlaient
On versait le henné dans des bols pis on chantait
Je pensais pas plus loin

À plage, je me noyais souvent...
Me battre contre le coran, tsé j'savais pas que c'tait pas bien
Mais c'est pas que j'savais pas nager...
Des cours j'en ai eu...c'est p't juste que j'savais pas flotter...


Dans le fond t'es québécoise, t'es née ici. Non ?

Ouin... si on veut
J'me souviens à la petite école j'faisais des forteresses blanches avec mes amis...
Comme dans le film La guerre des Tuques
C'tait bien, parce que, à c't'âge là, je comprenais pas trop la couleur de ma peau
Tsé avec mon manteau fluo, mes gants, mon foulard pis ma tuque, j'étais comme tout le monde

Je patinais sur la glace, le samedi après-midi en chantant des tounes de Passe-Partout

Et tu as grandi...

Le voile...
Je jouais souvent avec...
Mais j'ai jamais su vraiment l'assumer...
C'est pas par manque de respect...
C'est juste que mes cheveux ont besoin de respirer
Tsé c'est tuff de garder le sang chaud quand y fait -20 degrés
Durant des partys...
Même si les ''R'' viennent souvent me chercher pour danser

Et tu as la chance de choisir...

Ouin...La chance de pas toujours marcher drette...
Je suis pas trop les versets
J'm'enfarge souvent dans les onglets
Ça m'arrive de lire à l'envers...

Tsé c'est normal de l'autre côté de l'océan
Sauf qu'ici ben, on me trouve weird de pas marcher du même bord que les autres enfants
Bah au fond j'me dis que c'est ben correct
Chacun son bagage, chacun sa valise, chacun son voyage
Mais bon entre les écrits célestes, la chaleur et la blancheur, mon sang est devenu tiède
Tsé pas trop chaud pas trop froid
Parce qu'à bien y penser c'est peut-être ça la bonne température

Être tiède. Juste tiède
Même si ça signifie que j'appartiens pas à un clan défini
Quoiqu'on s'en tape mal...en fait
Non ?
Peut-être pas...
Le sang chaud tisse des liens serrés...
Desfois ces liens viennent à m'étouffer
Pourtant la neige ne peut rien y changer
Malgré son envie de comprendre, de tout recommencer
C'est difficile d'effacer l'héritage du passé

La glace à tout les matins finit toujours par me le rappeler
La neige j'ai beau l'aimé...dans mes mains elle reste jamais ben ben longtemps
La preuve que le mélange reste la seule solution
Mon sang coule vers les deux fleuves, y m'a jamais vraiment demander la permission
On dirait que tout s'est fait naturellement

Pourquoi tu te poses des questions ?

J'sais pas trop...
Peut-être parce que je veux pu me diviser en deux...
Ou peut-être parce que les autres mettent des points d'interrogation sur ma peau
En fait...la source c'est pas l'important...
C'est les réponses qui importent
Les réponses tièdes
Ouin...des wannabe réponses, qui donnent pendant un certain temps l'impression que tout est vrai et beau
Pis après le sang redevient chaud subitement...
Si vite que je remarque rien...ça m'pète au visage, c'est toute
C'est juste ça que j'sais

Pis après ben je me pitche dans la neige, ça refroidit mon être
Le thermomètre descend...
Je me sens gelée...ben gelée...ouais j'suis ben
Le sang fige dans mes artères

Fuck. J'ai des remords
Pourtant j'en veux toujours plus, j'en demande encore
Pis à fin je me dis que j'ai eu peut-être tort

Alors pourquoi tu continues ?

Je sais pas...
Pour trouver j'suis qui...
Pour pus me perdre, sans raison
J'suis qui moi ?
J'l'sais ben pas pour vrai
J'trouve pas les panneaux
Je m'amuse à dire en fait, que je suis rien

Juste des mots
J'me dis que c'est ben assez
La couleur des mots, pour me trouver
Diriger vers des sens
Sans tomber
C'est suffisant
Pour ne pas oublier
Une combinaison entre le sang et le sens
Un lien, une essence
Un sang tiède, une enfant des mots
Un sang tiède...j'ai créé mes propres louanges
J'vénère mon alphabet
Dieu des pages blanches
Et des histoires sans fin
Serment : sang tiède à jamais 

Mono

Je suis vide de couleur
De sens et d'odeur
Je suis vide de toi
De douleur et d'abscence
Je suis vide d'un duo
Plug-moi sur un mono

Surf

Tu as passé comme un coup de vent
Une bouffée d'air marin
Dans mes narines, dans mon corps dans ma tête
C'était le bon moment, je me noie

J'ai tout juste le temps de respirer
Que déjà une partition débute ailleurs
La vague me porte sur la rive brisée
Et passe les heures

Inversion

Beau toi tu es
Je n'ai pas de regrets
Juste le temps qui m'effraie
La neige qui tombe sur mes instincts
L'envie d'aller plus loin
Moi vouloir tout oublier
Du début à la fin
Comme si de rien était
Capturer l'incertain
Figé sur une pellicule d'étain
Triste que l'on est
À vouloir courir après le temps
Mort dans nos corps d'enfants

1,2,3 prêt pas prêt j'y vais !

Tombe sur le dos
Cache-toi dans les craques de mon coeur
De toute façon, tu aimes les versions ados
De notre illusion imagée musicalement colorée par la peur

Ouvre la fenêtre
Cache-moi de nous
De toute façon, le pire est passé, s'endors ma tête
Rêvasser, pleurer, toute seule dans un trou

Ton angoisse t'aveugle
Et les questions peuplent mon esprit
Rien n'est sûr depuis tout à l'heure
De toute façon c'est fini

Médiums

Layers couchés l'un sur l'autre
Une partition noire de notes
Photoshop sur mon corps

Stop motion pour l'abscence
Musique pour ton indépendance

Montage, pastel et foncé
Pinceaux sur le carrelage
Keyboard et cordes de guit sur ta peau

Mémoire en souffrance
Rogne les côtés, errance

Crayons de bois sur l'écran
Pellicule dans le scanner
Négatif dans la chambre

Paroles en manque, insuffisance
Moments d'insouciances

Toiles brisées sur le mur
Voix, distorsions
Beat de drum sur mon coeur

Histoire en mouvance
Hante et arrogance

Peinture oubliée
Séchée, craquelée, perdue
Back, vidéo, flash

Fin sans importance
Yeux mouillés sur un fond de silence

Le pont entre moi et Montréal

Je ne suis qu'un corps que l'on traverse
Un pont d'acier que plus rien ne transperce
Par peur de briser
Sous le poids du métal opposé

De fendre par le froid
Lorsque le soir venu
Les roues ne sont roi
Qu'à l'extérieur de mes lignes, de ma rue

Mon corps est noir de passants
Qui marche avec leurs pieds pesant
Sans dire un mot
Juste des sourires tristes qui flottent sur les eaux

J'attends la pluie
Ou la neige
Des fois les orages
Ou un mélange de saisons, pour dire quelques oui

Histoire de m'accrocher aux piliers
À la vue sur la métropole
Les lumières éclairent les fissures et les bouteilles d'alcool
Plus facile de parler dans ce cas d'amitié

Sans être dans l'oublie, sans étouffé
Dans le traffic, les premiers matins
Et les dernière soirées

J'aime mieux les fins de journées, la nuit
Quand personne n'existe
Que le vent qui danse dans mon esprit
Et la peur qui résiste

Trop de va-et-viens, rien de certains
Que des dommages, des cicatrices
Qui ne se referment jamais complètement, faute des vices
Qui malgré le goudron, vivent à travers les fins

Je ne suis qu'un corps que l'on traverse
Un pont d'acier que plus rien ne transperce
Par peur de briser
Sous le poids du métal opposé

Passion

Tu m'as dit
J'ai avalé notre passion
De travers
Coincée dans mon estomac, elle nous a fait faux bond

Tu m'as dit
Elle pèse lourd et me gruge les os
Elle m'épuise
Le temps est long

Tu m'as dit
J'ai eu mal au coeur
Le cerveau noué
J'ai vomi

Tu m'as dit
J'ai pas voulu m'en débarrassé
Elle est partie
C'est pas de ma faute, elle s'en est allée

Elle nous a libéré

Tu m'as dit
Elle a disparu dans l'eau
Avec mes noeuds...

Et mon souvenir de toi

Et la vie qui coule par la bouche

Je vomis des photos
Des tonnes de photos
Plein de photos
Juste des photos
Vides
Sans image
Sans cadre
Sans couleur

Je vomis des poèmes
Des tonnes de poèmes
Plein de poèmes
Juste des poèmes
Sans rime
Sans vers
Sans lettre

Je vomis des chansons
Des tonnes de chansons
Plein de chansons
Juste des chansons
Sans musique
Sans parole
Sans instrument

Je vomis

Possessive


Je veux garder ton esprit entre mes mains
Le laver, le sécher, pour que demain
Tout recommence à zéro, que tu sois certains

Je veux garder ton esprit entre mes mains
Le soigner de ses trous de mémoire
Pour que tu n'oublies rien
Surtout pas notre histoire

Je veux garder ton esprit entre mes mains
Le faire rouler entre mes doigts
Jusqu'au petit matin
Le façonner à ma guise, juste pour toi

Juste pour moi, juste pour nous deux

Fantômes

Y'a trop de fantômes dans ta tête
Y'en a pas assez dans la mienne
Y'a trop de fantômes, pour que je sois tienne
Y'en a pas assez, pour que je revienne
Y'a trop de fantômes dans ta tête

Y'a trop de mirages devant mes yeux
Y'a pas assez de nous deux
Y'a trop de dessins pastels jetés au feu
Y'a pas assez de moments heureux

Y'a trop de cachettes pour toi
Ya pas assez d'endroits pour moi
Y'a trop de lieux pour toi
Y'a pas assez de recoins pour moi
Y'a trop d'espace pour moi
Y'a pas assez de temps pour toi

Y'a trop de larmes dans mes poches
Y'a pas assez de sourires sous les roches
Y'a trop d'incertitude au bout de mes doigts
Y'a pas assez de couleurs, pas assez de toi

Y'a trop de fantômes dans ta tête
Y'en a pas assez dans la mienne
Y'a trop de fantômes, pour que je sois tienne
Y'en a pas assez, pour que je revienne
Y'a trop de fantômes dans ta tête

Y'a trop de morceaux à recoller, avant de recommencer à jouer

Carence de sucre

Je mange des jujubes. Ça fait du bien. Un baume sur le coeur. Du plombage sur mes caries. Caries sur mon aorte. Je mange des jujubes. Du sucre dans mes yeux. Un mal de ventre dans ma tête. Je mange des jujubes. Ça fait du bien. Des couleurs vives dans mes oreilles. Peinture vermeille sur mes orteils. Je mange des jujubes. Un à la fois. Je mordille la gélatine, j'avale tout rond. C'est si bon. Je mange des jujubes. Je noue mon estomac. Ça fait changement des noeuds dans mon cerveau. Je mange des jujubes. Pour passer le temps. Perdre la conscience. Vivre inconsciente. Je mange des jujubes.

Épitaphe

Étrangle mon estomac
Désosse mes poumons
Aspire mon esprit
Efface ma voix

Démembre-moi
Articulation après articulation
Place les os en file indienne
Brûle mes cheveux, mes ongles et ma peau

Jette les cendres à l'eau

Fibrose kystique des amants

 Je suis malade et pleine. Pleine et noyée dans ton liquide, dans mon sang. Dans nos non-dit, dans mon silence médicamenté, vaporeux, brumeux. Dans ce que tu appelles changer, vieillir, grandir. Dans ce que j'appelle mourir.  

Toi et moi, comme dans les chansons d'amour qui finissent mal

Toi, moi des millions de couleurs sur les murs. Toi, moi des cadres et un piano au centre. Toi, moi, des gens, des bouteilles, des cris, des murmures. Toi, moi de la bière et une piste de danse. Toi, moi et hier, les mouvements et la tête en transent. Toi, moi et la suite. Toi, moi et tes post-it. Toi, moi et le début de rien. Toi, moi assis su'l sofa, swimming through the stereo, du piano dans les oreilles, une voix dans nos échos. Toi, moi et des partions musicales. Toi, moi, une scène et des ambiances viscérales. Toi, moi sept jours et quatre rencontres, surprise entre les accords des guitares. Toi, moi et quelques instants. Toi, moi et le présent. Toi, moi et mes questionnements. Toi, moi ...et je dois aller de l'avant.

Fil Blanc

Catherine a mangé un cheveux blanc
Une mèche argenté pour trouver l'horizon
Dans son bedon
Le fil blanc
A cousu ses peines d'antan
Et sur sa tête
Plus rien ne pousse
Dans son ventre, il y a un jardin
Des photos en pixels
Chaudes et argentées
C'est si difficile
De tout recracher

Mon rire dans votre gorge

Je profite de vos rires
J'ai perdu le mien
Pourriez-vous consentir
À un emprunt certain

De courte durée sera-t-il
Le temps de trouver le fil
De mes idées, le chemin du retour
Vers la source du gosier des tours

Perce-moi

Perce-moi
L'âme, le coeur et l'esprit
Perce-moi
Les sentiments, les souvenirs, la mémoire
Perce-moi
Le corps, la tête, les yeux
Perce-moi
La bouche, le ventre et le dos

Perce-moi
Pour me trouver
Pour me prouver
Pour m'aimer
Pour m'oublier

Perce-moi
Le temps, les heures, les moments
Perce-moi
La vie, l'enfance, la mort
Perce-moi
Le début, le milieu, la fin

Perce-moi
Pour me trouver
Pour me prouver
Pour m'aimer
Pour m'oublier

Laisse faire, oublie et va-t-en...


Laisse faire, oublie et va-t-en
Reste un peu, juste pour voir
La main sur le coeur
La tête dans les pleurs

Ta photo tatouée sur mes os
J'ai les cheveux gris
Catherine s'en nourrit
De toute façon, nos corps ont vieilli

Laisse faire, oublie et va-t-en
Reste un peu, juste pour voir
La main sur le coeur
La tête dans les pleurs

Je te lance une échelle
Descends de là-haut
Je ne te reconnais plus
Tu as oublié ta peau sur le divan

Laisse faire, oublie et va-t-en
Reste un peu, juste pour voir
La main sur le coeur
La tête dans les pleurs

Prends une gomme à effacer
Je respire mal comme toujours
Mes pensées font la grasse matinée
Même si c'est déjà le jour

Laisse faire, oublie et va-t-en
Reste un peu, juste pour voir
La main sur le coeur
La tête dans les pleurs

De toute façon, notre histoire traîne dans l'appartement
Faut faire le ménage, avant ton départ
J'ai pas le choix, c'est le bordel dans mes écrits
Ton regard persiste sur la page jaunie

Laisse faire, oublie et va-t-en
Ne reste pas, il n'y a rien à voir
Ton coeur sur la main
Ma tête se repose jusqu'à demain

Tombé ton coeur


J'ai échappé ton coeur. Coeur de chocolat qui fond au soleil. Coeur en gélatine que je mords. J'ai échappé ton coeur. Coeur en porcelaine. Coeur en papier. J'ai échappé ton coeur. Coeur de musique. Coeur de guitare. J'ai échappé ton coeur. Coeur sur pellicule noire. Coeur de caméra. J'ai échappé ton coeur. Coeur vitré. Coeur en tissu. J'ai échappé ton coeur. Coeur de cuir luisant trop ajusté. Coeur de bleu jeans usé par le temps. J'ai échappé ton coeur. Coeur d'été. Coeur d'hiver enneigé. J'ai échappé ton coeur. Coeur lourd de souvenirs. Coeur léger d'espoir. J'ai échappé ton coeur. Coeur alcoolisé. Coeur de fumée. Coeur arrêté. Coeur en désintox. J'ai échappé ton coeur. Coeur brisé. Coeur en morceaux sur le plancher. Coeur de nous deux. J'ai échappé ton coeur. Attrape-le avant que je ne pleure.

Des tresses

Tresse mes veines avec les tiennes
Écris tes rires sur ma couverture basanée
J'ai des noeuds dans le cerveau
Viens me sauver

Juste-à-corps des premiers jours

Des perles de nostalgie
Brodent ma camisole blanche
Un juste-à-coprs qui moule mes hanches
Du cuir souple qui luit la nuit

Trop serré, pour respirer, pour oublier
Tu joues du piano
Les perles roulent sur le plancher
Mon juste-à-corps s'est déchiré dans l'eau

J'ai plongé, je voulais me noyer
La mémoire vague
Intoxiquée au chlore bleuté
J'avais trop hâte

De recoudre mon juste-à-corps
Pour le reporter encore
Des perles de nostalgie
Sur ma camisole blanche à l'infini 

Roche, papier, ciseau...allumette

Roche, papier, ciseau sur mon coeur
Roche, papier, découpe le bonheur
Roche, papier, ciseau, allumette
Roche, papier, ciseau et je jette
Roche, papier, ciseau sur mon coeur
Roche, papier et je t'aime dans le malheur
Roche, papier, ciseau, allumette
Roche, papier, ciseau et tu restes
Roche, papier, ciseau sur mon coeur
Roche, papier, oublie les heures
Roche, papier, ciseau, allumette
Roche, papier, ciseau et ma mallette
Roche, papier, ciseau sur ton coeur

Été

I write some words on your mind...some letters on your soul...some lines on your body
Puis je me dis, que tout se lave, que tout se réécrit
Then you keep my pencil and take my inspiration
You draw some notes on my neck...they dancing on my fingers
Et on efface, on rewind le tout...
You press the button play
Some images on the T.V.
I say stop
You say may be, one day
L'été s'est terminé
Les barbos sur nos corps se sont estompés
J'ai coulé dans les bouteilles, tu as nagé dans la fumée
On a sombré dans l'irréel
On est mort durant l'été

Désintox

Je me pique, je me shoote à canette
Je fais des overdoses sur des toiles blanches, encore vierge
Je cours dans les ruelles, je me roule des joints, longs comme des pinceaux
J'erre le jour, je vis la nuit, pis je respire en aérosol
C'est mon univers....
Puis on me rentre en désintox
J'en ressors quelques mois plus tard
Attachée à des briques
Peinturée de toi.

Ma maladie mentale

J'ai un grand trou en forme de passoire
Qui se remplit et se vide continuellement
Malgré tes efforts de gentil petit garçon
J'ai les émotions en forme de spaghettis
Qui se faufile partout et plonge dans l'évier.

C'est bref. Concis.Confit.Confiture de fraises sur mes mains. Rouge et collant. Sniff ta colle Lepage. Eh merde, j'ai tourné la page. Traces de break sur mon coeur. T'a pas freiné. Fuck, je t'ai flushé dans l'océan. T'es où ? On chante autour de toi. Moi, j'entends le silence de mes pas. Ça dégouline de mon sexe. Sur ma jambe, dans ta bouche. Et tes dents blanches. Et ta langue. C'est bref. Concis. Confit. Confiture aux petits fruits blancs.

J'ai un grand trou en forme de passoire
Qui se remplit et se vide continuellement
Malgré tes efforts de gentil petit garçon
J'ai les émotions en forme de spaghettis
Qui se faufile partout et plonge dans l'évier.

Copie-Collage douteux. Se réinventer à chaque fin de phrase. Une mort kamikaze, une naissance dans les cendres, avec une majuscule, plus grande que nature. Briser le rythme, se figurer, se conjuguer, se regarder, une mise en abyme de soi, dans ta tête, pour moi.

J'ai un grand trou en forme de passoire
Qui se remplit et se vide continuellement
Malgré tes efforts de gentil petit garçon
J'ai les émotions en forme de spaghettis
Qui se faufile partout et plonge dans l'évier.